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Médéane, la Chrysalide

 

Chapitre 15

Bientôt


mise en ligne : 6 juillet 2007

A l'aube d'une naissance nouvelle, les sentiments se précipitent, les émotions se bousculent...

 

Le jour se lève à peine. Médéane s'apprête à quitter son appartement quand on frappe à la porte. Elle ouvre la porte et découvre Hélène, l'air grâve.

- Qu'est-ce qui se passe Hélène, s’inquiète-t-elle, vous êtes bien matinale, il est à peine six heures. Il est arrivé quelque chose ?

Hélène la rassure, non sans s’interroger. Aurait-elle oublié la visite ?
- Mais non, mais non. Mais où partez-vous déjà ?

- Sur le chantier, répond la jeune femme un peu étonnée de l'absurdité d'une telle question.

Sa réponse confirme les doutes d’Hélène. Médéane s’impatiente. Il fait si froid, à rester ainsi devant le pas de la porte. Elle a passé la nuit à se retourner dans son lit, tant son ventre lui pesait. Ce matin ce n'est guère mieux. Elle se sent lourde et nauséeuse. Elle n'a même pas pu avaler son café. Elle a envie de couper court à cette conversation étrange, mais Hélène ne semble pas décidée à la laisser partir.

- Vous avez bien quelques minutes. Venez donc déjeuner avec moi, je parie que vous n'avez rien avalé ce matin.

- C'est si gentil de votre part, remercie Médéane en tentant de se dérober, mais j'ai demandé aux électriciens de venir très tôt, il faut absolument que les fils soient passés avant que les maçons n'arrivent...

Hélène reste perplexe. Bon. Arnaud attendra encore quelques heures. Inutile de contrarier sa jeune amie. Médéane s'éloigne précipitamment, sous le regard songeur d'Hélène, qui semble la voir pour la première fois depuis longtemps. Cette jeune femme ne va pas bien, elle aurait du s'en apercevoir depuis longtemps. Il faudrait qu'elle en glisse un mot à Volker, peut-être a-t-il plus de succès avec cette sauvageonne. Elle laisse Médéane s'éloigner et frappe à la porte de son voisin. Après quelques instants, Volker passe la tête par l'entrebaillement, encore ensommeillé. Hélène est un peu confuse. Décidément, ce matin, il semble qu'elle tombe mal-à-propos.

- Oh, je vous réveille, je suis sincèrement navrée.

Volker passe une main dans ses cheveux.
- Mon réveil n'a pas sonné, à moins que je ne l'ai pas entendu... Entrez, Hélène, il fait un froid de gueux ce matin. Médéane dort encore ?

- Non, elle est déjà partie à la bâtisse.

- Mais, s'exclame Volker, nous avons rendez-vous avec Arnaud ce matin, elle n'a pas pu oublier.

- Il semble bien que si, répond Hélène, sans malveillance aucune. Je ne lui ai pas rappelé, elle paraissait préoccupée par les électriciens. Je lui ai demandé de revenir me voir après avoir lancé ses directives, dans une petite demi-heure. Vous n'avez qu'à vous préparer pour l'emmener vers huit heures. Il me semble que Médéane ne va pas très bien en ce moment, ajoute-t-elle, soucieuse. Vous avez du remarquer qu'elle n'est pas vraiment dans son assiette.

- Elle me parle à peine, rétorque-t-il en haussant les épaules. Je crois même qu'elle me fuit. Ce n'est certainement pas à moi qu'elle ira se confier.

Hélène tente de le rassurer. La mine déconfite de Volker lui fait de la peine.

- Bon ce n'est rien, elle est peut-être inquiète à l'idée de l'accouchement qui se rapproche.

- Parlons-en de l'accouchement, s'exclame-t-il soudain furieux. Il doit lui rester à peine un mois, et elle ne s'est occupée de rien. L'autre jour je lui ai proposé d'aller faire quelques courses pour préparer la chambre de son bébé, elle a ricané en disant qu'il y avait d'autres choses plus urgentes à faire ! Elle m'a même conseillé de me préoccuper davantage des travaux !

Hélène se lève. Il est temps qu'elle prenne les choses en main.

- Venez la chercher au salon dans une petite heure, ordonne-t-elle. Elle sera prête. Et allez, ne soyez pas trop tourmenté, c'est une étape importante dans la vie d'une femme, il y a de quoi être un peu déboussolée, vous ne pensez pas ?

Volker lui adresse un sourire misérable. “Gentil garçon, songe Hélène, cette petite inconsciente ne connait pas sa chance!”. Au moment de quitter le patio, Hélène et Volker  aperçoivent Médéane qui traverse la cour. Elle leur adresse un regard soupçonneux. “Qu'est-ce qu'ils mijotent, ces deux-là, dans mon dos, maugrée-t-elle. Et Volker qui n'est même pas encore habillé. Il serait temps qu'il se remette au travail, on n'a pas le temps de divaguer, et de faire la causette.” Elle interpelle Hélène, sans un regard pour Volker.

- Nous avons un problème d'éclairage dans la grande salle, il va falloir faire passer les fils jusque sous la double fenêtre, ça va bloquer les maçons pour la matinée...

- Débranchez un peu, Médéane, gronde gentiment Hélène. Il y a si longtemps que nous n'avons eu l'occasion de parler d'autre chose que du projet. Accompagnez-moi, voulez-vous ?

Médéane obtempère à contre-coeur, et suit sa vieille amie dans son salon. Elle reste en retrait, sur la défensive. Hélène pose une main douce sur son bras :
- Je vous trouve un peu fatiguée, ces derniers temps. Vous n'avez pas envie de prendre quelques jours, par exemple pour rendre visite à Stella ?

- Mais je suis en pleine forme ! proteste Médéane. Et puis les choses commencent à prendre tournure, ce n'est pas le moment de ralentir le rythme.

Une douleur dans le ventre l'oblige à s'arrêter. Elle respire un grand coup. Hélène a vu sa pâleur soudaine.
- Je m'inquiète pour vous, insiste-elle. Vous ne pensez qu'au travail c'est formidable, bien sûr,je ne vais pas vous reprocher d'être aussi assidue, au contraire ! Mais enfin, n'oubliez pas que vous allez avoir un enfant dans quelques semaines, c'est pour quand déjà ?

- Vers le 12.

- Le 12 décembre ?

Médéane sourit faiblement.
- Le temps passe à une vitesse stupéfiante, n'est-ce pas ?

- Mais vous réalisé que c'est dans un mois à peine !  Avez-vous préparé votre sac ? Et le lit pour le bébé, et les vêtements...

- Oui, enfin j'ai préparé quelques affaires.

- Vraiment vous n'êtes pas raisonnable, s'insurge Hélène. Vous devez prendre quelques jours pour préparer l'arrivée du bébé. Est-ce que vous savez qu'il peut arriver d'un moment à l'autre ?

La jeune femme tente une diversion.
- Mais nous avons quasiment fini la grande pièce, et les tableaux doivent arriver cette semaine, ce n'est pas le moment d'aller courir les magasins...

 - Ecoutez, nous ne sommes pas à quelques jours. Nous avons déjà bien avancé, grâce à vous, et nous sommes largement en avance sur le planning. Alors voilà ce que je vous propose...

Médéane baisse les bras, vaincue. Pas la peine de lutter, quand Hélène a une idée derrière la tête.

Les deux femmes prennent congé, et Médéane et se dirige nerveusement vers son appartement. Elle est si contrariée. Comment a-t-elle pu oublier Arnaud ? Serait-elle si obnubilée pas son travail qu'elle en oublie les plus chers à son coeur ? Elle n’a pas été très aimable avec Hélène tout à l’heure. Après tout sa chère amie ne veut que la protéger, l'aider, être présente. Pourquoi faut-il qu'elle repousse avec force tous ceux qui lui montrent un peu d'attention. Comme si elle ne pouvait croire en la sincérité de leurs sentiments. Elle n'a pas rappelé Stella depuis des semaines, et n'a même pas répondu à ses derniers messages. Et Volker. Elle le sent malheureux, crispé face à elle. Elle se tient sur la défensive en permanence, tant elle a peur qu'il lui demande des choses auxquelles elle ne peut pas répondre aujourd'hui. Elle se braque dès qu'il s'approche, et pourtant il est sa béquille, son armure. Elle craint que les mots trahissent ses pensées, où que dans un mouvement de défi elle le rejette, alors qu'elle n'imagine même pas vivre loin de lui. Elle a peur de le sentir si proche, mais elle est plus terrifiée encore à l’idée qu’il pourrait s’éloigner. Si lui aussi se lassait ? Tout le monde se lasse d'elle, un jour ou l'autre. Toutes ses pensées l'accablent. “C’était plus facile de travailler sans arrêt, gémit-elle. Au moins je n'avais pas  une seconde pour penser à autre chose !”

Et son ventre qui lui fait mal ! Depuis quelques jours, sa peau tire de toutes part comme si elle allait se déchirer. Après cette nuit sans fermer l'oeil, tant elle sent son corps crispé, tendu, ses os prêts à se rompre. Elle a pourtant pris un bain au petit matin, vers cinq heures, pour se délasser un peu. Ca allait mieux, mais voilà que ça recommence de plus belle. Une semaine de congé. Ah la belle idée ! La proposition l'effraie plus qu'elle ne la rassure. Pendant ces longs mois, elle n'a guère eu le temps s’attarder sur ce bébé qui s'annonce maintenant, plus réel que jamais. “Pourvu que ce soit une fille, songe-t-elle brusquement !”  Comme si une fille était plus facile à aimer qu'un garçon ! Non, elle n'a pas envie d'y penser, elle ne sait même plus si elle a envie de ce bébé. Qu'est-ce qu'elle va pouvoir en faire, elle ne se voit vraiment pas avec un enfant... Cette grossesse a tellement vite passé, et puis il y a tant de travail, elle n'a pas envie de s'arrêter maintenant. Ils vont tout saboter ! Elle a mis tant d'énergie dans ce projet, il faut aller jusqu'au bout, et rien d'autre ne compte. Rien d'autre...

Un éclair de lucidité la traverse soudain, comme une épée tranchant vif dans sa conscience. “Mais qu'est-ce que je raconte ! Parler ainsi de mon bébé ! Je suis fatiguée, je déraille en ce moment. Hélène a raison, il faut que je me repose, que je pense à ce petit être qui s'annonce. Ah oui, tu bouges, tu entends ce que je dis. Tu tapes de tes petits pieds vigoureux, tu m'en veux de t'avoir presque oublié, à force de travailler. C'est pour ça que tu me fais si mal. Pardonne-moi mon ange. Pourtant, je t'ai tellement désiré ! J'étais si heureuse, tu te souviens, quand le docteur m'a parlé de toi pour la première fois. Je t'aimais déjà tellement fort... Pendant ces derniers mois, tu as du penser qu'il n'y avait plus de place pour toi dans mon coeur !” Elle pose les mains sur son gros ventre agité et essaie de suivre les mouvements du bébé. Son ventre ne cesse de monter, et de descendre, comme si le bébé se déployait. Dans sa tête des milliers d'images se bousculent. Elle imagine dans ses bras le joli poupon qui rit aux éclats. Elle se sent légère. D'un coup son corps ne pèse plus, la peau ne tire plus tant, elle a l'impression que l'intérieur de son ventre se détend, et laisse au bébé la place de folâtrer avec elle. Elle a envie d'esquisser quelques pas de danse, de lever les bras et d'être un oiseau qui s'envole.

Resté en retrait, Volker perçoit l’étrange bonheur qui s'échappe de ce moment magique. Il voudrait entrer dans la danse, goûter de cette frivolité soudaine pour effacer ces semaines sombres de solitude et d'impuissance. Il s'approche. Médéane l'aperçoit, et laisse brutalement tomber ses bras le long de son corps dans une expression de totale résignation. Le charme est rompu.

- Ah, Volker, tu ne sais pas ce qu'il m'arrive ? Je suis mise en congé forcé. Hélène me met au repos. Elle pense que je dois préparer l'arrivée du petit.

Le visage de Volker s'éclaire.
- Ah, voilà enfin une parole sensée.

- Et tu es chargé de m'aider pour les derniers préparatifs, ajoute Médéane, malicieuse.

Volker lui prend le bras, et l'emmène vers la voiture qui ronronne.
- Mais à vos ordres, Madame, c'est un plaisir que d'être votre chevalier servant... Quand je pense que tu as oublié Arnaud, je crois qu'il est vraiment temps que tu fasse un break. Médée, avance-t-il prudemment, ça fait un moment que je t'observe, et je crois que tu es plus fatiguée que tu ne le crois.

- Ah bon, tu sais donc mieux que moi dans quel état je me trouve !

Volker démarre.
- Eh bien apparemment, il se trouve que oui. Je crois bien être plus au courant que toi de ce qui se passe dans ta tête.

- Mais bien sûr, raille encore la jeune femme. C'est cela même, monsieur le psychanalyste, tu ne veux pas que je m'allonge sur le divan non plus.

- Ce n'est pas moi qui t'en empêcherai, rétorque Volker. Mais je n'ai pas l'impression que tu aies vraiment envie de t'allonger ces derniers temps.

Les deux compagnons échangent un regard complice. C'est bon signe, le courant passe encore.
- Comme tu voudras, concède-t-il. Après tout c'est pour toi que je dis cela. Moi je crois que tu as besoin d'aide, tu me parais si angoissée, comme si l'idée de cet enfant te faisait peur.

- Allez, l'interrompt Médéane, tu ne vas pas me refaire la tirade d'Hélène. J'ai déjà passé une heure à l'écouter sans rien dire, mais là je commence à saturer de vos conseils avisés. J'ai l'impression d'avoir mes parents sur le dos !

Volker ne se laisse pas intimider.
- Eh bien je te le dis quand même. Tu travailles trop, et tu as peur de cet enfant parce que tu ne le connais pas assez. Médée, il faut faire connaissance avec son enfant avant qu'il vienne au monde, pour qu'il ne reste pas dans cet inconnu angoissant autant pour toi que pour lui...

Médéane, pouffe.
- Mais rappelle-moi combien d'enfant as-tu déjà, Volker ?

Il hausse les épaules, un peu froissé.
- De toute manière on ne peux rien te dire en ce moment. Soit tu boudes, soit tu te mets en colère, soit tu ricanes à tout propos.

- Mais que veux-tu que je te réponde ! Vous m'emmerdez à la fin, avec vos conseils. Il y en a pas un autour qui ait des enfants, mais vous savez tout mieux que les autres ! Et on dirait que je n'existe plus que par rapport à la merveille des merveilles que tout le monde attend comme le messie ! Pourquoi faut-il que je me mette à penser à cet enfant. Il est là, c'est déjà une certitude. Tu peux me croire, il pèse assez lourd pour que je pense à lui ! Je ne vais pas en plus lui consacrer mes journées, passer les reste de ma grossesse à regarder ce gros ventre indécent...

Elle s'interrompt, gênée, le dernier mot lui a échappé. Qu'y a-t-il donc d'indécent dans ce gros ventre ?

- Moi je le trouve très bien ton ventre.

- Oh et puis, reprend Médéane, agacée. De toutes façons vous y pensez tous assez pour que moi je me permette de songer à autre chose. Tout le monde parait oublier qu'il y a du boulot. Quand il sera là, je...

- Quand il sera là, il sera trop tard, l'interrompt Volker. C'est maintenant que tu dois t'attacher à lui, c'est dans ton ventre qu'il a besoin de toi pour se construire

- Mais je ne peux pas !

Les cinq mots ont jailli de sa gorge dans un cri rauque. Cinq syllabes expulsées dans un jet déchirant qui frappe Volker de plein fouet. Il arrête la voiture sur le bas côté. Médéane sanglote. Il se trouve soudain idiot, d'agresser cette frêle petite fille, perdue avec son gros bidon comme un baluchon caché sous sa robe.

- Excuse-moi, Médée, je te demande pardon, j'ai été stupide.

Il l'entoure de ses bras, et caresse ses cheveux défait, embrasse les larmes tièdes qui coulent sur les joues pâles.

- Je t'en prie, ne pleure plus, ça va aller, non, je m'en veux, pardonne-moi Médé, je t'en prie, je ne dirai plus rien, je te le promet. Ne pleure plus, je t’en supplie.

La jeune femme se laisse aller dans ses bras. Elle est si fatiguée tout à coup, elle n'en peux plus, de cet étau qui la broie à l'étouffer. Volker l'enlace, la réchauffe, respire enivré son odeur si troublante. Si particulière, l'odeur de la femme que l'on aime. Un nectar qui paralyse ses sens, lui fait tourner la tête, et balbutier une cohorte de mots incompréhensibles, ces paroles qu'il n'a jamais osé lui dire. Il explose, ce secret qu'il garde en lui depuis trop longtemps, en des bafouillis précipités, des balbutiements involontaires.

- Mon amour, ne pleure pas, ma Médée, mon papillon, ma petite fée, je suis là, tout va bien, ca va aller.

Il ne sait plus ce qu'il dit. Médéane se coule dans son bercement, ferme les yeux. Elle voudrait s'enfoncer dans ce corps chaud, fort et tendre, se fondre dans sa peau. Elle s'engonce un peu plus dans les bras offerts, et laisse aller sa tête au creux de son cou. Comme c'est doux un homme, comme c'est chaud de se nicher au creux d'une épaule amie. Voilà si longtemps qu'elle n'a pas goûté à cette sensation délicieuse, de rencontrer un autre corps, caresser des épaules frémissantes, toucher la joue râpeuse, goûter cette saveur étrangère sur les lèvres gourmandes. Elle abandonne ses lèvres contre cette bouche qui l'aspire, mangent les mots qui s'en échappent, respire le souffle court et chaud, avale la salive sucrée. Ils restent longtemps soudés l'un à l'autre, effrayés à l'idée qu'il va falloir se détacher, refaire deux, casser la symbiose, cesser la fusion. Médéane sent le calme revenir, elle s'écarte doucement comme à regret. Il reste tremblant, d'amour, de désir, de joie et d'inquiétude mêlés. L'un et l'autre muets tant il y a de choses à dire. Leur esprit est confus, leurs sens chavirés, ils n'osent parler de peur de briser le fil ténu de cet échange imprévu. L'air est encore fragile de tant de sentiments dévoilés.

Volker redémarre. Ils se taisent, et regardent tous deux droit devant eux, tentant chacun de retrouver leurs esprits. Après quelques minutes, Volker hasarde, d’une voix est rauque et hésitante :
- Médéane, tu te sens vraiment capable d'aller rendre visite à Arnaud maintenant  ? Peut-être que nous pourrions revenir dans quelques jours ?

- Il me semble assez difficile de faire demi-tour maintenant.

 Devant le silence interloqué de son ami, elle continue d'une petite voix gênée.
- Je crois que je suis en train de perdre les eaux.