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- Médé, Médé !
Médéane agite une main par la fenêtre en réponse à Stella, et garde sa voiture quelques mètres plus loin. Il est presque trois heures, le bois de Boulogne est désert, l'auberge se déleste de ses derniers clients. Stella vole vers son amie et lui plaque deux gros baisers sur les joues. Un homme, en retrait, au pied des escaliers observe la scène en souriant. Sa parka laisse entrevoir une chemise en jeans délavée. Un prototype d'homme moderne... Ni trop pimpant ni trop négligé, observe discrètement Médéane en tentant de réprimer son acidité. Il porte des marques, mais sans les étiquettes, pour éviter le look promo sur produit d'appel... Après tout j'ai accepté ce déjeuner. je dois bien ça à Stella...
Stella contient avec peine son excitation, en face d'un Volker d'une amabilité délicieusement teintée de réserve. Tout est parfait. Ce petit tartare de saumon à l'aneth, un gewurtz fruité, les premières cerises de l'année, vite, une voeu. Médéane se détend, écoute avec bienveillance les pépiements de Stella se mêler à la belle voix chaude de Volker. Ele n'a pas envie d'être contrariante aujourd'hui. Après tout, peut-être que son amie a raison, quitter quelques mois la ville devrait suffire à lui redonner l'énergie nécessaire pour continuer sa vie de citadine affairée... Stella annone le dossier de présentation du projet sans grande conviction, trop de questions encombrent sa jolie tête. Vit-il seul ? si oui pourquoi ? Une peine de coeur ? Une histoire dont il ne s'est pas remis ? Est-elle à son goût,.. ? Et lui, mais d'où lui vient ce charme incroyable, incroyable...
- Tu situes Mâcon, Bourg-en-Bresse ? gazouille-t-elle gaiement en se tournant vers Médéane, comme si elle se rappelait subitement le motif de leur déjeuner. Oh tu ne vas pas le croire, le village s'appelle... Saint-Amour ! C'est adorable, non ?
Médéane baisse la tête en signe de reddition. Déjà Stella enchaîne.
- En quelques mots cette idée dont Jacques - elle dit Jâcques en appuyant sur le a - veut te parler, vient d'un couple d'originaux vraiment formidables, ils vont te plaire, n'est-ce pas qu'ils vont lui plaire, Jââcques ? Enfin tu sais je ne les connais pas, c'est Jâââcques qui m'en a parlé...
Une pause dans le babil. Médéane ose à peine lever la tête, consternée. C'est toujours la même parade dès qu'un homme entre dans son champ visuel, elle ne peut pas s'empêcher de faire sa parade, toute à son coeur flambant neuf. Volker esquisse un geste d'agacement. Visiblement excédé par son babillage, il a reculé sa chaise d'un pas comme pour signer sa désapprobation. Pour un peut il s'en irait maintenant, là, c'est trop, trop, fatigué de tenter de convaincre encore ces gens sans idéal... Mais il ne peut pas renoncer maintenant, il le sent si profondément, et c'est à Médéane qu'il s'adresse, malgré ce regard défiant et cette mine fermée.
Peu à peu la jeune femme le voit se transfigurer, alors qu'il évoque la vieille ferme, les mécènes passionnés, ce fantasme de vie rêvée et soudainement réalisable. Elle peut jurer qu'il ne triche pas. Il est comme emporté dans la vision d'un projet essentiel, vital où se mêlent son présent son avenir et toutes ses epxériences passées qui vont enfin être utiles à quelque chose, toutes ses errances convergeant vers une oeuvre unique... Prise dans ce tourbillon d'énergie, Médéane a cessé de manger; de boire, de respirer. Il lui donne envie de partir maintenant, d'aimer aussi ces gens et de partager leur folie. Elle se reconnait dans cette fièvre,elle sent monter en elle l'intuition d'aborder enfin le chemin fait pour elle, pour elle seule.
Stella interrompt brutalement ses pensées. Elle tente une incursion dans une complicité qui la dépasse déjà.
- Ils sont très riches, tu n'imagines pas. Lui était président d'une grosse agence de com., elle vient d'un famille aristo, sans souci. Elle a été agent d'artistes pendant les années fastes... et puis chez eux il y a des tableaux, des tableaux de maîtres...
- Là n'est vraiment pas la question, l'interrompt Volker. Je préfère que l'on soit sensible à leur intelligence, celle du coeur, cette passion qui les anime, eux.
Il se penche vers M édéane, tournant le dos à Stella éberluée.
- Ils savent comminiquer leur entrain, croyez-moi. Bien sur qu'il y a de grandes oeuvres sur leurs murs, mais pas seulement des "tableaux-à-signature", vous comprenez, ce n'est pas ce qui les motive ! Ce qu'ils aiment avant tout, c'est dénicher le talent, flairer l'artiste dans l'inconnu, décuvrir le chef-d'oeuvre là où personne n'irait le chercher. Vous savez, insiste-t-il en la regardant intensément, s'ils vous ont choisie, c'est qu'ils croient en votre talent. Je leur ai montrévotre book que m'a prêté Stella. C'est vous qu'il veulent, Mademoiselle Valençon, c'est tout. Et je n'ai rien à faire dans cette décision, de toute façon ils savent mieux que quiconque qui leur convient ou non dans ce projet.
Et si elle tentait le coup ? Quel risque après tout ? Une petite déception, un cul-de-sac, un chemin de traverse ? Elle saura toujours faire demi-tour... Elle est conquise, sans résistance. Il lui parle de ce qu'elle attend depuis toujours sans avoir su le formuler. Si elle pouvait, elle partirait là, maintenant. Au diable Pierre, Eva, tous les autres. Elle lutte pour retrouver le sens de la raison. Retrouver contenance, calmer son coeur, reprendre ses esprits.
- Vous ... Vous les connaissez depuis longtemps ? demande-t-elle d'une voix qu'elle veut dégagée .
- Je les ai rencontrés il y a quatre ans. Je finissais la rénovation de la maison de la culture d'une petite ville voisine de la leur. C'était une commande originale, j'avais beaucoup de liberté, je ne me suis pas privé...
Il s'interrompt, et reprend d'une voix lointaine, comme égaré dans le souvenir de cette rencontre.
- Hélène et Arnaud sont venus à l'inauguration. Ils ont aimé. Simplement. Et moi j'ai aimé leur sincérité radieuse, leur pétillement. Ce charme qu'ils dégageaient tous deux... En quelques minutes ils m'avaient tout expliqué, et surtout convaincu. Ils venaient d'acquérir une vieille ferme, ils voulaient la transformer en un lieu d'art vivant. Il a falluu deux ans pour débloquer les autorisations, trouver les crédits. Ils ont vendu tous leurs biens. Les travaux doivent commencer le mois prochain s'ils veulent obtenir la participation du département. La visite du préfet doit avoir lieu avant le vote des plus gros budgets, c'est pour cela qu'ils sont pressés, ils jouent très gros...
- On dirait que vous parlez de parents proches, ne peut s'empêcher de lui faire remarquer Médéane. Oui c'est étrange, à vous entendre, j'ai l'impression que vous jouez gros vous aussi dans cette histoire.
Volker la regarde tout à coup attentivement comme s'il découvrait la personne qui lui fait face.
- Oh vous verrez, ils sont très attachants. Il est rare de rencontrer des personnes aussi simplement, totalement passionnés dans leur projet, dans leur vie, dans leur relations avec les autres. Auprès d'eux, vous avez la sensation qu'ils vous donnent tout. Et vous avez aussi envie de leur donner tout votre talent. Peu de gens résistent à leur appétit intellectuel, leur amour de la vie, leur créativité toute personnelle...
Médéane reste silencieuse. Lorsqu'elle lève les yeux, elle lit dans le regard de Volker comme une reconnaissance. Elle esquisse un sourire. Stella soupire bruyamment.
- A croire qu'il est tombé amoureux pas vrai, ricane-t-elle.
Moi, rien que de l'entendre parler ainsi, je suis épuisée ! Ce sont des ogres, tes mécènes ! Ils capturent leurs prisonniers dans les pièges de la passion, puis ils se repaissent de leur substantifique moëlle... Tu n'as pas peur d'être mangé tout cru au moins par les derniers géants de ce siècle encombré...
- Tu peux le voir sous cet angle, lâche Volker en haussant les épaules. C'est vrai. Mais je préfère être dévoré par la passion de ces gens, plutôt que par l'envie de richesse et de confort béat. C'est mon choix, je ne l'impose à personne.
Il baisse la voix et continue glacial :
- Tu n'es pas impliquée directement dans ce projet, tu le sais.
Médéane se tait, gênée par la brusquerie soudaine de son voisin. Bon elle ne l'a pas volé non plus, écervelée Stella... qui rougit et reste coite. Puis elle se lève.
- Je vais me rafraichir un peu, excusez-moi.
Médéane rompt le silence pesant.
- Venons-en aux faits. Peut-on voir le repaire de ces nobles brigands ?
Volker cherche fébrilement dans son dossier. Mais qu'est-ce qu'il lui a pris, de rabrouer cette belle fille qu'il pensait ramener ce soir dans sa tanière... De toute façon elle est vraiment insupportable, ... Non. C'est lui qui ne supporte personne en ce moment. Il a trop besoin de silence pour céder à cette tentation-là. Il extraie quelques photos et esquisses de plan qu'il étale avec mille précautions entre leurs deux verres.
- Voilà. Ils ont racheté cet ensemble de trois fermes abandonnées, il y a quatre ans. A gauche, là, c'est leur habitation, déjà rénovée, ils l'habitent depuis près d'un an maintenant. Le projet principal concerne ce corps de ferme, au milieu. Il n'est pas en excellent état, mais la charpente est solide, le terrain magnifique, le tout possède une prestance évidente. Autour, ils ont environ dix hectares de terrain, bois et forêts, vastes clairières, un étang... Sublime.
Médéane reste absorbée dans la description des lieux. Elle y est déjà. Dans son esprit s'ébauchent des formes, des couleurs s'épousent, une maison surgit, larges baies ouvertes et murs de pierres blanches. Elle se voit dans le paysage fantasmatique, petite silhouette fragile à l'orée... Perdue dans ses songes, tandis que lui s'inquiète de son long silence, elle lutte contre les images, les rêves fous qui se bousculent en elle, et cette envie folle de se précipiter là-bas, entrte dans cette ferme, sentir l'odeur des poutres, frissonner de plaisir au contact de ces murs de pierre à l'odeur âcre. Une marée d'espoir l'entraine, elle y est déjà, poussant la porte sur une autre vie. Comment refuser cette promesse de nouveauté, d'évasion, de bonheur peut-être. Elle le comprend tellement ce Volker, il lui semble proche tout à coup comme un vieux compagnon de route, un frère d'espérance. Elle aime sa foi en ces personnes, elle aime sa véhémence aussi.
Je suis d'un romantisme, aujourd'hui, soupire-t-elle en elle-même. Je suis sensible à tout, je me laisse envoûter par les propos d'un quasi inconnu, prête à faire mes valises dans l'instant, prête à tout plaquer, oh oui tout plaquer... Je ne sais pas où je vais avec ça, mais pour une fois que je me sens remuée jusqu'aux tripes par une maison que je ne connais même pas, et des gens que je n 'ai jamais vus, je ne peux pas refuser.
- Rien ne m'empêche de jeter un coup d'oeil, déclare-t-elle en lui souriant.
Volker l'observe attentivement.
- Incroyable, murmure-t-il. Vous êtes la première à ne pas me regarder comme un illuminé envoûté par la passion contagieuse de deux fanatiques. Vous voyez, même votre amie Stella n'y croit pas, c'est trop, trop cinglé...
Médéane opine. Il reprend, plus sérieusement.
- Pour notre part, notre rôle est bien défini. Je suis l'architecte, et vous êtes la décoratrice en chef, responsable de l'agencement des pièces intérieures, mais aussi des bâtiments entre eux, et du jardin. J'étudie la faisabilité de votre proposition, on modifie, on adapte. Nous travaillerons ensemble du début à la fin de ce chantier. Six mois minimum sur place pour mettre en place le projet. Et pour le mener à bout, je n'en ai même pas l'idée... Oh ajoute-t-il dans un élan radieux, vous n'allez pas le regretter. Vu de l'extérieur on peut se demander en quoi ce projet est exceptionnel. Tout ça ressemble à une lubie de mécènes argentés. Vous comprendrez vraiment de quoi je parle quand je vous y aurais emmené, ce n'est pas un endroit comme les autres...
Alors que Stella les rejoint, Volker se lève. Il regarde Médéane et enchaîne sans lui laisser le temps de répondre :
- Ecoutez, c'est simple, nous sommes jeudi. Nous pouvons prendre le train demain matin, qui nous emmènera en deux heures là-bas. Retour le soir si vous le souhaitez. Mais si vous avez du temps, prévoyez le week-end en leur compagnie, et pour découvrir les environs. Ne vous sentez obligée en rien, vous verrez bien sur place. La seule contrainte abolue est de leur donner une réponse avant la fin de la semaine.
Médéane se lève pour le saluer. Elle griffone sur un bout de la nappe son numéro de téléphone.
-
Ne vous en faîtes, pas, je ne ferai pas attendre vos protégés. Appelez-moi ce soir pour me donner les horaires du train.
Stella attrape son sac et pour ne pas être en reste, feint d'ignorer superbement Volker :
- Bon si vous vous êtes mis d'accord, tout est parfait. Moi j'ai un boulot fou, il faut que je file. Médé peux-tu me déposer en passant. Au-revoir, au-revoir Jacques.
La voici déjà en bas des marches, agitant une main vers l'homme qu'elle ne regarde plus. Médéane tend la main à Volker qui la serre chaleureusement.
-Vous ne le regretterez pas. J'espère sincèrement vous avoir convaincu.
- Merci à vous. Je suis heureuse de cette discussion. Je crois bien que cette idée me plaît déjà.
Pui sans réfléchir, elle ajoute dans un chuchtement :
- Vomker, ne faites pas vos griffes sur moi.
Elle se détourne prestement, sans lui laisser le temps de répondre. Volker la regarde s'éloigner, frêle silhouette sombre et lumineuse. Il sait que ce projet est pour elle, elle est celle qu'il faut. Celle qu'il lui faut...
Alors que médéane démarre, Stella, fulminante, expose :
- Tu te rends compte, comment il m'a parlé, ce goujat ! Jamais je ne me suis sentie aussi mal. Heureusement que c'était devant toi ! Ah je n'ai même pas su quoi lui répondre...
- Calme-toi Stella, ce n'est pas bie grave. Apparemment vous n'étiez pas sur la même longueur d'onde. Tu vois bien qu'il est complètement dans son projet, qu'il n'y a de place pour rien d'autre...
Stella se met à pleurer à chaudes larmes.
- Je savais bien que ça ne marcherait pas, avec lui. Pourtant qu'est-ce qu'il me plait, si tu savais. Et je suis sure que je ne le laissais pas indifférente, l'autre fois. Mais aujourd'hui... Si seulement on pouvait juste vivre une histoire sans trop parler, juste se caresser, faire l'amour, batifoler gaiement. Pourquoi est-ce qu'il faut toujours comprendre l'autre, écouter ses lubies, oh ça je n'y comprends rien. J'ai l'impression de me planter sans arrêt. Ce ne sont pas le femmes qui sont compliquées, crois-moi, ce sont les hommes qui ne sont pas simples...
Médéane sourit.
- Magnifique stella... Tu es tellement... excessive ! Toi tu pars dans une histoire toute seule, comme si tu voulais vivre sur une autre planète sans oxygène ! Tout le monde a besoin de respirer pour vivre, tu ne peux pas être à toi seule toute l'atmosphère d'un autre, son seul univers. Tu te transformerais vite en gaz carbonque. C'est nocif de vouloir vivre ainsi pour une seule personne, tu t'épuises, l'autre s'étouffe, vous avez besoin d'air...
Voyant que son amie s'apaise, Médéane continue.
- Pourquoi t'entêtes-tu encore à vouloir dompter des chevaux sauvages ? Tu n'as pas l'âme d'une dresseuse de fauves ! A vrai dire il n'y a que dans le boulot que tu sais donner des ordres... Convaincre, ça tu sais le faire, avec moi c'est certain. Mais dans le privé en fait, ce qu'il te faut, c'est un bon macho moderne...
Stella rit à travers ses larmes.
- Un bon macho moderne, comme ton Pierre, en somme. Lui , en fin de compte, il est simple à vivre. Il bosse, il gagne de l'argent pas de honte à ça hein, il veut te faire une belle vie tranquille, t'installer dans une grande maison, et te faire de beaux enfant que tu habilleras de robes à smocks et de micro blazers à boutons argentés... Et qui ne se saliront même pas dans les jardins publics !
Médéane s'est renfrognée d'un coup. Elle ne pensait plus à Pierre. Quand elle va lui annoncer qu'elle part dans la cambrousse... Depuis le temps qu'elle l'entend déclamer à qui veut l'entendre, hors de paris point de salut ! Elle lance, dans un mouvement d'humeur.
- Si c'est ce qui te fait rêver Stella, je te le laisse. Ce n'est pas comme ça que j'imagine mon avenir et celui de mes progénitures.
Stella ouvre de grands yeux.
- Médé, tu ne me dis rien ! Ca ne va pas entre Pierre et toi en ce moment ? Je ne me doutais pas, je croyais que c'était aux petits oignons tous les deux...
Oh non, pas le couplet sur le couple idéal, l'amour éternel, non, pas maintenant.
- Bof, élude-t-elle. Je n'ai pas très envie d'en parler... Bon c'est vrai j'ai envie de faire une pause, en ce moment on est vraiment à des années lumière l'un de l'autre. Peut-être que l'éloignement pourrait nous faire du bien, nous laisser prendre le temps de réfléchir à ma vie, à notre vie... Tu vois Stella, même dans un couple idéal, il y a des rêves qui se brisent. On approche de ton bureau. Je te laisse au prochain carrefour, ça te va ? Ca ira ?
Petit coup de blush, poudre sur le nez.
- Mais oui Médé ça ira. J'ai été un peu excessive. Au fond tu as raison, c'est sans importance. Mais quand je pense que toi et Pierre..., oh, je suis toute bouleversée.
- Ne t'en fais pour moi, j'ai vraiment besoin de souffler, tu le sais.
- Oui je l'ai bien remarqué. Ces derniers temps, ton sourire est devenu un objet rare...
Elle embrasse son amie avec tendresse.
- Merci ma petite fée. Toi au moins tu sais me remettre les idées en place. Qu'est-ce que je ferais sans toi.. Mais quand même, ajoute-t-elle avant de s'éloigner, prends garde à toi avec ce Volker, ne te laisse pas prendre au piège de ce briseur de coeurs, il en a eu d'autres, tu le sais hein tu le sais ?
Médéane laisse son regard s'attarder sur la silhouette dansante qui se fond dans la foule colorée d'un après-midi printanier. Une ombre passe et s'efface, derrière la ville bruyante, devant la vision fugace d'une vie nouvelle. Ailleurs, qui sait...
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